SIDA : l’épidémie continue. 92 000 nouvelles infections au Moyen Orient et en Afrique du Nord en 2004.

Tunis, 29 novembre 2004 – « Le Point sur l’épidémie de SIDA » récemment publié à l’occasion de la journée mondiale du SIDA 2004, montre que le nombre total de personnes vivant avec le VIH a augmenté pour atteindre le plus haut niveau jamais enregistré, avec près de 40 millions de personnes infectées. L’épidémie touche de plus en plus de femmes. Environ la moitié des 37,2 millions d’adultes vivant avec le VIH dans le monde sont des femmes. Depuis 2002, leur nombre a augmenté dans chacune des régions du monde. L’Asie de l’Est a connu la plus forte hausse (56%) suivie de la région de l’Europe orientale et de l’Asie centrale (jusqu’à 48%).

Les jeunes femmes sont de plus en plus concernées par l’infection au VIH : Chaque jour, des millions d’entres elles commencent leur activité sexuelle, mais elles n’ont que peu ou pas d’accès à des services de prévention, y compris l’information. En Afrique subsaharienne, 76% des jeunes vivant avec le VIH sont des filles. Les profondes inégalités entre les sexes dans l’accès à l’éducation et l’autonomie économique entretiennent cette situation. La violence, l’abus et l’exploitation contribuent à aggraver leur risque d’infection par le VIH.

L’infection de millions de femmes pauvres constitue une catastrophe socio-économique. Les femmes sont, dans de nombreuses sociétés, un élément primordial dans la production de nourriture et la fourniture de soins et de soutien. Les approches classiques de prévention se sont révélées insuffisantes pour de nombreuses femmes et filles des pays en développement, car cela suppose que celles-ci ont la possibilité de choisir ces approches. Il est urgent de développer des stratégies qui visent les inégalités sexospécifiques et qui renforcent les capacités des femmes et leur autonomie.

Au Moyen Orient et en Afrique du Nord, le VIH continue de se propager. Près de 92 000 personnes ont été infectées par le VIH au cours de l’année écoulée, par rapport à 73 000 en 2002. Le Soudan est le pays le plus affecté, avec 2% de prévalence du VIH parmi la population adulte. Le développement de l’épidémie en Libye et en Iran a été spectaculaire, touchant essentiellement les personnes qui consomment les drogues injectables. Dans les pays du Maghreb, la transmission du VIH est essentiellement
sexuelle et à moindre degré par voie de consommation de drogues injectables. En Tunisie, la proportion de femmes infectées par le VIH a augmenté. Le sexe ratio est passé de 3 (3hommes/1femme) dans les années 90 à 2 depuis l’année 2000, les rapports sexuels étant le principal mode de contamination.
Au Maroc, les nouvelles données indiquent une tendance à l’augmentation de nouveaux cas d’infection. Le nombre de nouvelles infections enregistrées en 2003 était presque 3 fois plus élevé qu’en 2001, le nombre de personnes vivant avec le VIH est estimé à 15 000 (fin 2003). Concernant l’Algérie, 2% des personnes souffrant d’une infection sexuellement transmissible étaient séropositives dans les régions de Tamanrasset et d’Oran en 2004. Des exemples, tels que l’Indonésie (le plus grand pays musulman) qui pendant longtemps était pratiquement indemne du VIH mais qui connaît actuellement une expansion rapide de l’épidémie, devraient inciter les pays les moins touchés, comme la Tunisie, à renforcer leurs actions pour prévenir de graves flambées.

Dans la région, les démarches de base – telles que la promotion du préservatif – sont quasi inexistantes. La stigmatisation et la discrimination envers les groupes vulnérables continuent à constituer des obstacles à l’élargissement des ripostes et au renforcement des stratégies de prévention. Quant aux efforts déployés en matière de communication et d’éducation pour sensibiliser l’ensemble de la population à l’épidémie, ils restent insuffisants. D’après Monsieur Jean-Michel Delmotte, Président du Groupe Thématique ONUSIDA en Tunisie, certains pays de la région Moyen Orient et Afrique du Nord, dont la Tunisie, ont des épidémies encore limitées, ce qui constitue une occasion unique de les maîtriser en élargissant les efforts de prévention. Le Groupe Thématique ONUSIDA en Tunisie appuie dans un cadre de partenariat multisectoriel, notamment avec le secteur privé, les multilatéraux et les ONG, les stratégies nationales de lutte et de prévention. Il est actuellement engagé avec ses partenaires nationaux, dont le Ministère de la Santé, dans un processus d’analyse de la situation du VIH/SIDA et de planification stratégique.

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