L’enfant, citoyen silencieux

Img00_15032012

Tunis- 15 mars 2012

C’est sous ce titre fortement symbolique que l’association tunisienne de défense des droits de l’enfant a organisé avec l’appui de l’UNICEF et de l’Institut Arabe des droits de l’Homme, un colloque pour placer au premier rang et à travers la législation les intérêts légitimes des enfants et répondre à leurs besoins et préoccupations. Cette rencontre a connu la participation d’imminents experts, des membres de l’assemblée constituante, des représentants des partis politiques, des médias, des universitaires…
«Parce que les enfants souffrent plus que les adultes des conditions dans lesquelles ils vivent.
Parce qu’ils sont particulièrement vulnérables à la violence et à l’exploitation.
Parce qu’ils n’ont pas le droit de vote ni d’influence politique ou économique.
Parce qu’ils ne peuvent pas s’exprimer.
Parce que le développement sain des enfants est crucial pour l’avenir de la société », le colloque a appelé à une mobilisation de toutes les forces pour permettre à chaque enfant d’avoir : « Le droit d’être soigné, protégé des maladies, d’avoir une alimentation suffisante et équilibrée.
Le droit d’aller à l’école.
Le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de l’exploitation. Le droit d’avoir une famille, d’être entouré et aimé.
Le droit d’avoir des loisirs.
Le droit à la liberté d’information, d’expression, de participation,
Le droit d’être protégé contre toute forme de discrimination.
Le droit de ne pas faire la guerre ni de la subir. »

Partant de la situation réelle de l’enfant tunisien et en référence à la législation internationale, aux lois et aux documents internationaux concernant la protection des droits et intérêts des enfants, le colloque s’est intéressé de près à la place de l’enfant dans « le monde des adultes ». L’objectif ultime était de susciter une prise de conscience des droits que la Convention lui a reconnus et que « La société des adultes se doit de les garantir en tant qu’obligation légale, impératif moral et priorité de développement…» comme l’a affirmé la Représentante de l’UNICEF, dans son allocution d’ouverture du colloque.

Pour cela, « Les droits de l’enfant doivent être constitutionnalisés » a renchéri le Professeur Belaid, Juriste, Professeur Emérite à la Faculté des Sciences juridiques, politiques et sociales de Tunisie « Il faut des lois détaillées pour les enfants. Nous devons également introduire des articles et dispositions qui traduisent la philosophie de la collectivité familiale en général, et l’éducation des enfants en particulier.»

Pour Hatem Kotrane, Vice Président du Comité international des droits de l’enfant, les recommandations du Comité International des droits de l’enfant doivent servir de cadre de référence pour l’amélioration des conditions de vie des enfants. « Il est grandement opportun de mettre l’enfant tunisien dans les normes et principes de la nouvelle constitution ». Afin d’assurer l’application de ces droits, le gouvernement devrait prendre les dispositions nécessaires pour « instituer un mécanisme doté de la capacité de surveiller, promouvoir et protéger les droits de l’enfant dans l’indépendance et avec efficacité. »

« L’enfant est-il réellement silencieux ? selon Slaheddine Jourchi, militant des droits de l’homme et Président de la Constitution citoyenne « il est plutôt désabusé et furibond…. » Les enfants constituent la frange de la population la plus négligée. La Révolution a donné naissance à une Constituante, un Gouvernement au pouvoir, une Opposition, …Et les enfants attendent toujours…. Le droit de participation de l’enfant est l’un des plus difficiles à garantir, probablement parce qu’il nous oblige à revoir entièrement la façon dont nous percevons et traitons nos enfants ».

Il faut aussi une Révolution des mentalités pour apprendre à écouter la révolte des enfants. Le colloque a été notable pour son haut niveau de participation et de discussions animées. L’enthousiasme démontré par l’ensemble des participants, qu’ils soient représentants de la Constituante, d’institutions publiques, non gouvernementales ou internationales, professionnels de tous bords, militants pour les droits de l’enfant, a clairement démontré qu’un accent fort sera désormais mis pour que la protection des droits de l’enfant fasse partie de l’agenda des décideurs.

Discours de la Représentante UNICEF

L’UNICEF Tunisie plaide pour une meilleure protection des droits de l’enfant