Justice sociale et lutte contre l’exclusion dans un contexte de transition démocratique

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Tunis- 21-22 septembre 2011

Une Conférence sur le thème de la « justice sociale et exclusion » destinée à promouvoir un développement économique et social équitable comme préalable à l’émergence de la démocratie a été organisée par le Ministère des Affaires Sociales en coopération avec l’UNICEF, le Bureau International du Travail, le PNUD, la Banque Mondiale et l’Union Européenne.
Cette action s’inscrit dans le cadre de la stratégie d’appui de l’UNICEF, en cette période cruciale de l’histoire de la Tunisie, durant laquelle le défi majeur pour le gouvernement, ses partenaires socio-économiques et autres acteurs de la société consiste à débattre, réfléchir et planifier un ensemble d’actions pour contrer la pauvreté et favoriser l’inclusion sociale.
Les interventions des experts nationaux et internationaux présents ont notamment permis d’explorer les différentes définitions de la pauvreté et de la précarité dans leurs aspects monétaires et non-monétaires ouvrant ainsi la voie à une plus grande articulation autour des conditions de vie matérielles et du degré d’inégalité dans la société.
Les différentes méthodologies pour le calcul du seuil de pauvreté ont été passées en revue allant de l’approche adoptée par les pays à revenu moyen qui touchent des domaines variés comme l’alimentation, l’habillement, les loisirs, la santé, et mêmes les conditions de travail à l’indicateur retenu par l’Union Européenne qui combine les aspects monétaires, les privations matérielles et le marché du travail.
Pour l’UNICEF, la pauvreté est un phénomène social et humain beaucoup plus qu’économique. Pour la mesurer, l’UNICEF adopte le principe de l’équité et une approche fondée sur les droits humains qui reposent sur la non-discrimination du processus du développement. Tout déni de jouissance des droits humains représente une aggravation de la pauvreté et expose la personne à des aspects d’exclusion peu sensibles aux progrès économiques. Mesurer la pauvreté revient à identifier les obstacles qui empêchent les individus d’accéder aux services de base et de jouir de leurs droits.
L’expérience historique montre qu’une stratégie de développement humain enrichi basée sur l’éducation inclusive et la protection des droits des enfants permet de réduire la pauvreté de manière plus durable que toutes autres stratégies. Investir dans les enfants et les jeunes renforce la qualité future de la population active, consolide les perspectives de compétitivité à long terme et améliore l’efficacité des dépenses publiques. Dans ce cadre, M. Roberto Benes, conseiller régional de l’UNICEF MENA en politiques sociales a fait une présentation intitulée : « Investir dans les droits de l’enfant: c’est jeter les fondements d’une justice sociale et d’un développement équitable »
Les interventions du cinquième panel consacré à la promotion de l’intégration sociale, ont corroboré cette thèse. Ils ont également offert l’opportunité de présenter « le socle de protection sociale, » un nouveau cadre de coopération inter-agence dirigé par le BIT avec la participation de plusieurs agences onusiennes dont l’UNICEF.

En conclusion : quelle que soit l’approche retenue pour mesurer la pauvreté et d’autres formes d’exclusion, l’intérêt ultime en matière de politique économique est de pouvoir orienter l’intervention publique, cibler au mieux les populations pauvres à travers des programmes spécifiques d’aide. Ne pas pouvoir mesurer convenablement la pauvreté et ses facteurs déterminants c’est manquer l’objectif même de la politique sociale du pays, celui de soutenir les exclus et promouvoir l’inclusion sociale.