Atelier d’évaluation du système d’information dans le domaine de l’enfance

28092013

Tunis, le 28 Aout 2013

Le développement et la mise en œuvre d’un système d’informations optimal en matière de protection de l’enfant est un réel défi pour la Tunisie. C’est la conclusion à laquelle ont abouti les travaux de l’atelier-bilan du système mis en place qui a regroupé ce jour des représentants de différents institutions et départements concernés par l’enfance rattachés aux ministères des Affaires de la Femme et de la Famille, des Affaires Sociales, de la Justice, de l’Intérieur et de la Santé.

Dans son mot d’ouverture, la Représentante de l’UNICEF, Maria Luisa Fornara a remercié l’assistance pour l’intérêt manifesté au sujet abordé illustré par le nombre important de participants. Elle a souligné que la réunion s’inscrit dans le cadre du processus d’évaluation de la composante protection de l’enfance du Programme de Coopération UNICEF-Tunisie établi pour la période 2007-2011 et étendu à 2014. Elle a rappelé qu’un « système de collecte de données, d’information et de suivi opérationnel et permettant la construction d’indicateurs pour le suivi des problématiques de protection des enfants » constitue un des résultats retenus par le Programme de Coopération en cours. A cet effet dès 2006, l’UNICEF a déterminé avec ses partenaires une liste d’indicateurs les plus pertinents dans le contexte tunisien, en conformité avec les normes et standards internationaux, et a accompagné la mise en place de ce dispositif. Elle a également rappelé l’importance de la collecte et le traitement de l’information, deux enjeux majeurs pour l’atteinte des objectifs fixés pour la protection des enfants en termes de connaissance, de prévention et de réponse aux situations de menace.
Les travaux de groupe qui ont succédé aux exposés et présentations des experts en la matière et de l’UNICEF ont fait ressortir les points forts des dispositifs mis en place, notamment: un système d’information étendu à presque toutes les structures, institutions et services de l’enfance (DPE, CDIS, CIJE, Centres de rééducation,…) ; l’existence d’une base de données sur la situation des enfants en Tunisie (ChildInfo – centralisée à l’Observatoire des droits de l’enfant) et des rapports annuels sur la situation générés par ces systèmes.
Les difficultés énumérées sont d’ordre humain: résistance au changement et manque d’adhésion, indisponibilité de l’expertise, etc… Le facteur organisationnel est également à prendre en compte: retard de certification, d’hébergement des bases de données, de connexion internet, et enfin le volet financier: la technologie de pointe coûte cher et les budgets sont insuffisants pour l’achat et le renouvellement du matériel.

Pour Dr. Fayçal Ben Salah, expert dans le domaine, l’évaluation du système d’information actuel doit être mesurée sur des réponses précises à 3 questions principales ayant trait à la valorisation de l’information, l’existence d’une vision prospective et la pertinence des données collectées.

Clôturant les travaux, Georges Gonzalès Représentant Adjoint de l’UNICEF, a insisté sur les aspects d’indépendance, de coordination et d’intersectorialité qui sont nécessaires à une bonne analyse et au bienfondé des informations collectées. La pertinence et l’efficacité d’un système d’information performant se mesure par sa capacité à aider les utilisateurs et les décideurs à évaluer dans les faits la réduction de la vulnérabilité en termes de résultats atteints et notamment de réinsertion sociale et familiale des enfants victimes, en danger ou en contact avec la loi.