Extrait de l’entretien accordé par
Mr. Jean Michel Delmotte, Représentant de l’UNICEF en Tunisie à la radio tunisienne – chaîne internationale (RTCI) :
25 octobre 2005

 
 
 
 

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Cette initiative représente également une opportunité pour sensibiliser l'opinion générale sur la problématique et pour mobiliser tous les intervenants: responsables politiques, société civile, médias ….afin de conjuguer les efforts de lutte menés par les Nations Unies pour contribuer à empêcher la propagation de cette maladie et réduire son impact d'une manière générale et sur l'enfant en particulier.

Les principaux objectifs de cette campagne tournent autour de 4 axes surnommés les "4P" et qui représentent les domaines prioritaires d'action :

• Prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant
• Procurer un traitement pédiatrique aux enfants
• Prévenir l’infection chez les adolescents et les jeunes
• Protéger et soutenir les enfants affectés par le VIH/SIDA
Sans oeuvrer dans ces domaines clés, la communauté internationale a peu de chance d'atteindre l’ensemble des objectifs du millénaire. C’est pourquoi l’UNICEF et ses partenaires membres du système des Nations Unies mais aussi les gouvernements du monde, les sociétés privées et le monde associatif vont désormais œuvrer pour mobiliser énergie et resources (1 milliard de dollars a trouver en cinq ans).

 

L’UNICEF lance aujourd’hui une campagne globale intitulée « Unissons-nous pour les enfants, contre le SIDA » Cette campagne vise à attirer l’attention de la communauté internationale sur le fait que les enfants ont été négligés par les efforts de lutte contre le SIDA. Vous savez que durant le temps de notre conversation qui va durer 5 minutes, cinq enfants de moins de 15 ans seront morts à cause du SIDA. En 2004, 510 000 enfants sont ainsi morts à cause du SIDA. Et, toujours le temps de notre conversation, 20 jeunes entre 15 et 24 ans auront contracté le VIH.

Mais au-delà des chiffres, c’est toute la face cachée du SIDA que nous voulons révéler et adresser. Certes, l’épidémie de VIH/SIDA est depuis plus de vingt ans un sujet d’inquiétude internationale, pourtant, une écrasante majorité de jeunes ne savent toujours pas comment éviter la maladie, et n’ont pas accès aux informations, aux compétences et aux services dont ils ont besoin pour se protéger. Moins de 10 pour cent des femmes enceintes reçoivent un traitement pour prévenir la transmission du VIH à leur bébé. Et moins de 10 pourcent des enfants orphelins bénéficient d’une aide ou de services publics.

Les enfants existent peu dans l’esprit des responsables mondiaux, des gouvernements, des compagnies pharmaceutiques, des instituts de recherche et des associations publiques qui luttent contre la pandémie de SIDA. Alors en quoi consiste cette campagne ? Elle offre donc une plate-forme qui permettra d’élaborer des programmes urgents et durables et de lancer des campagnes de mobilisation et de collecte de fonds pour atténuer l’impact du VIH/SIDA sur les enfants et contribuer à enrayer sa propagation

Organisée par l’UNICEF avec la participation de partenaires issus de tous les groupes de la communauté mondiale, la campagne utilise une approche centrée sur l’enfant et propose quatre axes programmatiques prioritaires : les « 4 P » qui sont :

• Prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant
• Procurer un traitement pédiatrique aux enfants
• Prévenir l’infection chez les adolescents et les jeunes
• Protéger et soutenir les enfants affectés par le VIH/SIDA

Premier axe programmatique de notre campagne : « Prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant ». Si les adolescents sont d’abord infectés par des relations sexuelles non protégées ou par l’utilisation de drogues injectables, les petites enfants sont d’abord infectées par leur mère. Sans soins appropriés, 35% des enfants nés de mères séropositives vont contracter la maladie durant la grossesse, le travail, l’accouchement ou par l’allaitement maternel. Or cette transmission est presque évitable complètement grâce à un traitement de l’anti-rétroviraux, la pratique de césarienne et l’abandon de l’allaitement maternel. Dans le tiers monde, seul 3% des futures mères séropositives reçoivent ce traitement.

Deuxième axe programmatique : la mise a disposition d’un traitement pédiatrique pour les enfants. De nouveau seulement 5% des enfants séropositifs reçoivent un traitement alors que 15% des adultes en reçoivent. Il s’agit de traitement anti-rétroviraux, d’une nutrition adéquate, d’antibiotiques adaptés et de vaccinations. Alors sans traitement, la majorité des enfants meurent avant l’age de 5 ans. Ils meurent de ce que l’on appelle les infections opportunistes comme la pneumonie. Pourquoi ils ont moins accès au traitement que les adultes ? Il s’agit bel et bien d’un acte discriminatoire : d’abord le dé »pistage est plus lent, plus aléatoire que pour l’adulte, ensuite le traitement anti-rétroviraux est plus complexe a utiliser et à suivre chez l’enfant, ensuite les formules pédiatriques de ces médicaments sont difficile a préparer, à trouver et coûtent six fois plus chers que pour l’adulte. Jusqu’à ce jour, les compagnies pharmaceutiques hésitent à investir dans la recherche et la production car l’infection VIH parmi les enfants pays riches est presque éliminée et la demande pour ces produits dans les pays à bas revenus n’existe pas réellement. Nous voulons dès lors agir auprès des sociétés pharmaceutiques et également auprès des pays pour que les enfants soient inclus dans les protocoles de traitements.

Troisième axe : la prévention parmi les adolescents et les jeunes. Pour les jeunes de 15 à 24 ans, il existe un énorme besoin d’informations. Une enquête récente dans dix pays ayant un taux de prévalence dans la population générale de plus de 10% (je vous rappelle que la prévalence en Tunisie est moins de 1%), les jeunes filles de 15 à 24 ans avaient un niveau de connaissance et de compréhension correct sur les manières de prévenir la maladie compris entre 5 et 40% seulement. C’est dire l’énorme défi qui est le notre pour offrir de l’information sur les maladies sur les MST, de l’éducation sur le VIH et pour offrir des services appropriés de conseils et de dépistage précoce. Dans ce domaine notre action globale visera a encourager les gouvernements et les associations a développer ce que l'on appelle l’éducation par le pairs, à mètre en place des services sanitaires respectueux des spécificités des jeunes. Ces services incluent la mise a dispositions de médicaments, de préservatifs et de conseils oud ‘accompagnement. Evidement l’école est un vecteur important de cette stratégie mais pas exclusivement car dans de nombreux pays la majorité des jeunes ne fréquentent pas ou plus l’école, sont en rupture scolaire et, bien souvent sont plus à risques que leur pairs qui fréquentent l’école.

Enfin, quatrième axe de notre campagne mondiale : la protection et le soutien des enfants orphelins. Ils sont 15 millions dans le monde (les orphelins du sida) dont 80% vivent en Afrique sub-saharienne. Si rien n’est fait dans les années qui viennent ils seront 3 millions de plus en 2010. En Afrique australe, 20% des familles hébergent maintenant un orphelins du sida car la solidarité familiale, famille au sens étendu à la communauté proche, est grande ; Nous voulons donc, grâce a cette campagne, appuyer la famille dans cet effort de solidarité et de protection aux orphelins : leur donner accès aux services de santé, aux médicaments, à l’éducation. Nous voulons aussi plaider pour que les gouvernements reconnaissent ce rôle traditionnel de la famille africaine et soutient ses efforts de résilience et d’appui aux orphelins di sida.

En fait, vous savez il n’y a rien de bien nouveau dans ces stratégies qui sont connues. Mais ce que nous voulons faire aujourd’hui s’est lancer un grand élan de mobilisation pour les mettre en œuvre, de façon coordonnées et en attirant de nombreux autres partenaire : publics, privés, artistes.

La communauté internationale aura besoin de mobiliser des ressources. En effet, les besoins mondiaux pour la lutte contre le SIDA s’élève à 20 milliards de dollars d’ici 2008. Quelques 55% semblent acquis… il en manquera donc 9 milliards environ. Vous savez Madame, que cela correspond, selon des statistiques récentes du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute), à trois jours de dépenses de guerres. Notre planète dépense 1.035 milliards pour les guerres, les violences, les coups, … chaque année. Alors, 9 milliards pour disposer des ressources nécessaires à faire face au SIDA, nous y croyons. Avec ces fonds, nous collaborerons avec les gouvernements, mettrons la pression sur les sociétés pharmaceutiques, informerons les jeunes, mobiliserons la société civile.

 

 
 
 
   
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