Evènements

Barfe, une jeune fille Yazidi

Elle s’appelle Barfe Bishar. Elle a 20 ans. Elle est de Sinjar, Kurdistan, Irak. C’est une rescapée de Daesh recueillie par l’ONG Aide Humanitaire et journalisme, une organisation non gouvernementale qui offre une assistance humanitaire et éducative aux adolescentes et femmes victimes de conflits en les faisant bénéficier gratuitement d’une formation professionnelle aux techniques du journalisme qui leur permette d’accéder à des études supérieures et à l’emploi.

Comme Barfe, elles sont des centaines, voire des milliers de femmes, d’adolescentes Yazidis, afghanes, syriennes, yéménites …qui ont subi des exactions inacceptables tels que viols, enlèvements et traitements inhumains de toutes sortes dans des zones contrôlées par des milices qu’elles soient Daesh, jihadistes, talibans autres.

Barfe est passée ce matin au bureau de l’UNICEF-Tunis, accompagnée par Mme Shayda Hessami et M. Moez Cherif, président de l’association tunisienne de défense des droits de l’enfant, nous raconter sa reconstruction à travers la photo, ses rêves.  Pas un mot sur ce qu’elle a vécu, subi. Mais le regard n’a pas oublié. La cicatrice de l’horreur est dans les yeux.  Les souvenirs sont pesants et l’angoisse presque palpable. Barfi a choisi de raconter son calvaire à travers le vécu des autres. Comme le reportage photos qu’elle a réalisé sur le combat de cette mère-courage yazidi, rescapée comme elle, qui, pour sauver ses quatre enfants de daesh leur a inventés les pires maladies contagieuses allant jusqu’à leur raser la tête, les sourcils et même les cils.

Mais le souvenir omniprésent qu’elle cherche à exorciser, c’est celui de l’horreur qu’a connue l’école de son village natal, Koji, confisquée par Daeh et où, nous dit-elle ce « lieu de protection de l’enfant est devenu un charnier ».

Barfi est à la recherche d’une formation en journalisme. Elle veut sillonner le monde, surtout les pays en guerre pour dénoncer les assassinats, les enlèvements, les violations des droits de l’homme, de l’enfant, qu’elles soient faites au nom des religions ou pour d’autres raisons.

Dans quelques jours, la communauté internationale va célébrer le 29ème anniversaire de la convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant et pourtant les exemples d’exploitation abondent et le chemin vers la situation de « zéro faim, tolérance zéro pour la violence à l’encontre des enfants, zéro enfant non scolarisé ou ayant abandonné l’école…..» est encore long. Mais demain sera meilleur.

Bonne fête à tous les enfants