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Atelier sur le travail en réseau et la coordination dans le domaine de la protection de l’enfant en situation de danger ou en contact avec la loi.

Tunis, le 10 OCTOBRE 2013

Dans le cadre de l’évaluation de la composante Protection de l’enfant du Programme de Coopération 2007-2013, un atelier de réflexion sur le travail en réseau et la coordination a été organisé le 26 septembre dernier avec l’ensemble des intervenants concernés.

L’objectif de cet atelier était d’analyser les contraintes/difficultés du travail en réseau sur le terrain touchant les différents niveaux de coordination, partant de la décision de prise en charge jusqu’au niveau du suivi et consolidation de la réintégration de l’enfant. Cette rencontre a également permis l’identification des bonnes pratiques relatives au travail en réseau et à la coordination ainsi que les éventuels aspects qui n’ont pas été abordés dans le cadre de ce Programme de Coopération et qu’il serait judicieux de retenir pour le prochain programme 2015-2019.
La participation a été pluridisciplinaire et pluri-institutionnelle composée de responsables de l’administration centrale, des équipes de terrain de différents secteurs concernés par l’enfance : délégués à la protection de l’enfance (DPE), directeurs de centres de placement, d’institutions de prise en charge, de rééducation des enfants, relevant des Ministères de la Femme, de la Famille, des Affaires Sociales, de l’Intérieur et de la Justice avec l’appui d’experts en vue de structurer la réflexion.

Il est ressorti des présentations des uns et des autres et des discussions qui ont suivi que certains points positifs sont à souligner notamment : une image de plus en plus positive du DPE dans les régions résultant d’une meilleure compréhension de son rôle et du niveau d’expertise acquise grâce à la formation soutenue et continue dont ils bénéficient dans le cadre du programme de coopération de l’UNICEF. Un partenariat satisfaisants avec les juges des enfants surtout concernant les enfants consommateurs de drogues, les enfants detenus dans des centres de rééducation scolarisés qui réussissent à passer leurs examens, une collaboration plus « fluide » avec les institutions de placement des enfants, ont été également évoqués comme de bons exemples du travail ensemble.
Les réponses à la question « qu’est qui ne marche pas et nécessite une nouvelle approche ? » ont révélé un manque d’échanges d’information en général et avec la Brigade des mineurs en particulier, un chevauchement des interventions dû à la non clarification des tâches des différents partenaires, une absence de banque de données des familles d’accueil pour les enfants de plus de 6 ans et surtout ceux ayant été en conflit avec la loi, une absence de mécanisme de suivi des enfants repris par la mère biologique ou des enfants adoptés, des difficultés de réintégration des enfants notamment ceux en conflit avec la loi dans les structures scolaires et de formation professionnelle, etc.

Le travail en réseau reste tributaire des relations personnelles ce qui confine la coordination aux relations bilatérales que pluridisciplinaires et plurisectorielles. En l’absence d’institutionnalisation du travail en réseau, ce dernier ne peut devenir ce qu’il devrait être comme l’a souligné un des participants « un outil d’organisation et une technique d’intervention » pour mieux répondre aux besoins de l’enfant en détresse.

Clôturant les travaux, le Représentant Adjoint de l’UNICEF, Georges Gonzalès, a souligné que
« s’il y a des révisions à faire il faut les faire sur la base de résultats pour les enfants car tout est là pour réussir (cadre juridique, infrastructures, moyens humains). La bonne volonté existe ; ce n’est pas au niveau central que les réseaux peuvent vraiment faciliter l’atteinte de ce résultat et même pas au niveau régional, mais au niveau du terrain, dans la collaboration entre chaque intervenant obtenu avec le soutien des autres niveaux et facilité par un cadre clair »