Communiqués de presse

LE SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES KOFI ANNAN LANCE L’INITIATIVE DES MEDIAS MONDIAUX CONTRE LE SIDA

Dans le cadre de la mobilisation continue de la société civile pour lutter contre le VIH/SIDA, le Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan a réuni le 15 janvier 2004 les dirigeants de certaines des principales organisations de médias du monde afin de lancer une Initiative des médias mondiaux contre le SIDA. Le but de l’Initiative est d’inciter les organisations de médias à atteindre la population mondiale – en particulier les jeunes – par des informations sur les moyens de prévenir et de traiter le VIH et à aider à combattre la stigmatisation et la discrimination liées au SIDA.

Le lancement de l’Initiative des médias mondiaux contre le SIDA a attiré aujourd’hui des présidents, des PDG et des cadres supérieurs de plus de 20 organisations de médias du monde entier. Peter Piot, Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) et Drew Altman, Président et PDG de la Fondation de la famille Henry J. Kaiser, dont les organisations ont conçu l’Initiative, ont dirigé des sessions sur la situation de l’épidémie mondiale de SIDA et le rôle que peuvent jouer les médias dans le combat contre l’épidémie. Shashi Tharoor, Secrétaire général adjoint des Nations Unies à la communication et à l’information, a animé un dialogue entre les participants. La réunion a également reçu un soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.

Les médias représentent une ressource souvent négligée et sous-utilisée dans la lutte contre l’épidémie mondiale de SIDA. L’ONUSIDA estime que les deux tiers des 45 millions de nouvelles infections à VIH prévues dans le monde pour la prochaine décennie pourraient être endigués par un meilleur accès à des activités efficaces de prévention et d’éducation du public.

« Lorsque votre travail est de combattre une urgence dramatique et croissante, il vous faut utiliser tous les outils à votre disposition, » a déclaré le Secrétaire général Kofi Annan. « Le VIH/SIDA est la pire épidémie à laquelle l’humanité ait jamais été confrontée. Elle s’est propagée plus loin, plus rapidement et avec des effets à long terme plus catastrophiques que toute autre maladie. Son impact est devenu un obstacle dévastateur au développement. La radio et la télévision ont une portée et une influence considérables, en particulier auprès des jeunes, qui représentent l’avenir et sont la clé de toute action réussie dans la lutte contre le VIH/SIDA. Nous devons chercher à impliquer ces puissantes organisations en tant que vrais partenaires dans le combat pour stopper le VIH/SIDA par le biais de la sensibilisation, de la prévention et de l’éducation. »
Les niveaux actuels de connaissance et de sensibilisation en matière de VIH/SIDA varient beaucoup dans le monde mais, même dans certaines des régions les plus touchées par l’épidémie, un très fort pourcentage de personnes n’ont jamais entendu parler de la maladie. Des études récentes ont montré que dans 21 pays africains plus de 60 pour cent des filles avaient apparemment au moins une importante idée fausse au sujet du virus ou n’étaient pas au courant de son existence. Un manque de connaissances largement répandu est également évident en Amérique latine et aux Caraïbes. Dans une enquête menée en Bolivie, par exemple, 74 pour cent des jeunes femmes soit ne savaient pas que le SIDA existait ou entretenaient de graves idées fausses à ce sujet. Des enquêtes effectuées dans 40 pays du monde entier indiquent que plus de 50 pour cent des jeunes de 15 à 24 ans ignorent comment se transmet le VIH. En outre, la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH continuent de représenter les plus grands obstacles à la prévention de la propagation des nouvelles infections et à la fourniture de soins et d’appui adéquats.

Aujourd’hui, le Secrétaire général a prié les principales organisations de médias de s’engager à utiliser leurs ressources pour élargir les connaissances et la compréhension du public concernant le VIH/SIDA. Les activités spécifiques que les organisations de médias sont encouragées à entreprendre sont notamment :

  • Désigner la lutte contre le VIH/SIDA comme étant une priorité globale commune ;
  • S’engager à consacrer beaucoup de temps et/ou d’espace à la question, notamment pour ce qui est de la programmation/rédaction et de la publicité ;
  • Couvrir l’épidémie dans les nouvelles courantes, sur le plan mondial et au niveau local ;
  • Soutenir les efforts pour former les reporters et les producteurs en matière de couverture de l’épidémie ;
  • Soutenir la conception et la diffusion de spectacles, films et documentaires liés au VIH/SIDA ;
  • Mettre gratuitement à la disposition des autres médias les sujets traitant du VIH/SIDA ;
  • Offrir une éducation complète au personnel en matière de VIH.

M. Annan a noté que plusieurs des organisations de médias représentées à la réunion avaient déjà contribué de manière significative à la promotion du débat public sur le SIDA et de comportements plus sûrs. Elles ont trouvé des moyens novateurs et créatifs pour atteindre le public et lui fournir une sensibilisation et des connaissances cruciales sur le VIH – des soap-opéras aux sitcoms, des concerts aux documentaires, des programmations pour enfants aux actualités proprement dites. Plusieurs ont déjà diffusé des « saisons SIDA », comportant une programmation spéciale sur les questions liées au VIH/SIDA.

D’autres organisations de médias ont annoncé de nouveaux engagements pour concevoir une programmation et des activités de proximité sur le SIDA par le biais de partenariats avec d’autres organisations intéressées, les Nations Unies, et des organisations non gouvernementales et communautaires. Ces partenariats contribueront à multiplier le poids et la portée du message d’éducation sur le SIDA et à faire en sorte que l’information soit diffusée aussi largement que possible. Le Secrétaire général a demandé instamment aux organisations de poursuivre et d’accélérer ces initiatives.

« Les engagements pris aujourd’hui par les organisations de médias sont l’une des plus importantes contributions à la lutte contre le SIDA à ce jour, » a déclaré Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, l’un des organisateurs de cette réunion. « En utilisant au mieux la capacité sans précédent des médias à communiquer avec des milliards de personnes autour du monde, nous pouvons offrir à plus de personnes que jamais des informations salvatrices vitales sur le SIDA. »

« Depuis plus d’une décennie, la Fondation de la famille Kaiser œuvre avec les compagnies de médias des Etats-Unis et du monde entier pour inclure des messages d’éducation du public sur le VIH/SIDA dans leur programmation, qui auront une résonance particulière auprès des jeunes et des personnes les plus exposées au risque. La nouvelle Initiative mondiale des médias donne le signal d’un engagement nouveau et élargi de la part des dirigeants des médias qui atteindra des millions de personnes supplémentaires avec des informations dans le domaine de la santé publique, » a déclaré Drew E. Altman, Président et PDG de la Fondation de la famille Kaiser.

Dans plusieurs pays, des décennies de développement sont inversées par le VIH, le virus qui provoque le SIDA. Quelque 40 millions de personnes vivent avec le VIH ou le SIDA dans le monde, avec 5 millions de nouvelles infections au cours de la seule année 2003. L’an passé, 3 millions de personnes sont mortes du SIDA, ce qui porte le nombre total de décès depuis le début de l’épidémie à plus de 20 millions.