Communiqués de presse

L’aide d’urgence continue L’UNICEF met en place des mesures pour prévenir le trafic d’enfants

Comment protéger les enfants en Asie du sud ?

1,5 million d’enfants ont été affectés par les vagues géantes qui ont ravagé l’Asie du Sud le 26 décembre dernier.
En Indonésie, 35 000 enfants seraient isolés, orphelins de père, de mère, privés de repères. Ils seraient également plusieurs milliers au Sri Lanka.
Face à la détresse de ces enfants, à la menace du trafic et de l’exploitation, qui pointe de jour en jour, l’UNICEF a décidé de mettre en place des mesures concrètes.
L’identification et la réunification des orphelins des tsunamis à travers des centres d’accueil implantés dans les camps de secours est une priorité pour les équipes de l’UNICEF. Le trafic d’enfant, l’exploitation sexuelle et le travail forcé ne sont pas des phénomènes nouveaux, mais l’effondrement des institutions suite aux raz de marée a ouvert une brèche à l’exploitation criminelle et sans scrupules des plus vulnérables.

Indonésie : des centres d’accueil pour les enfants isolés
Suite aux raz de marée du « dimanche noir », 35 000 enfants sont séparés de leurs parents ou orphelins en Indonésie, selon les autorités indonésiennes. Un premier centre d’accueil pour ces enfants a été mis en place dans la ville de Banda Aceh, capitale de la province d’Aceh, au Nord de l’île de Sumatra. Le centre a ouvert ses portes mercredi. 20 centres au total seront ouverts dans les quinze jours à venir dans la province d’Aceh. Ils auront une durée de vie de 12 mois à 2 ans.

Chacun de ces centres a pour objectif d’organiser la réunification de 500 enfants avec leur famille. D’une capacité de 40 enfants par centre, « ces structures ne sont ni des centres d’hébergement, ni des orphelinats. L’hébergement y sera donc temporaire », explique Birgithe Lund-Henriksen, responsable de la protection de l’enfance pour l’UNICEF en Indonésie.

Chaque centre est animé par une équipe de 20 personnes : 5 personnes seront dédiées
à l’identification et la réunification avec la famille, 5 autres au soutien psychologique, et
10 autres aux soins et à l’hébergement des enfants.Les centres d’accueil ont trois objectifs :

Enregistrer et réunir les enfants séparés ou orphelins à leur famille ou à des familles d’accueil
Apporter un soutien psychologique
Fournir une assistance médicale et un hébergement temporaire

Sri Lanka
Dans ce pays, 300 000 enfants ont été affectés par les tsunamis de dimanche 26 décembre. Les enfants séparés de leurs parents ou orphelins se comptent par milliers.

Le bureau de l’UNICEF au Sri Lanka est particulièrement vigilant concernant la vulnérabilité des enfants sinistrés qui se trouvent dans les camps de déplacés. La promiscuité avec des adultes qui leur sont inconnus accroît les menaces d’abus et d’exploitation qui pèsent sur ces enfants.

Un partenariat a été développé par l’UNICEF avec le Comité National de Protection de l’Enfance, les services nationaux de Protection de l’enfance et l’ONG Save the Children pour apporter un soutien aux enfants isolés. Des équipes vont être envoyées dans les zones sinistrées pour identifier et enregistrer les enfants isolés. Elles travailleront en collaboration avec les communautés locales pour réunir les enfants avec leur famille immédiate ou une famille d’accueil.

Thaïlande
En Thaïlande, aucun cas de trafic ou d’enlèvement d’enfants n’a été pour le moment rapporté aux équipes de l’UNICEF, ni au ministère du développement social thaïlandais. Des centres d’accueil pour les enfants, déjà en place avant la catastrophe, ont pu accueillir les enfants sinistrés dans plusieurs provinces du Sud de la Thaïlande : le centre de Krabi a ainsi accueilli 73 enfants sinistrés, celui de Ranong, 25 et celui de Phuket 160. Les autres centres se trouvent dans les district de Satun, Asnan et Trang.
En outre, le gouvernement thaïlandais considère que l’adoption des enfants isolés n’est pas une option envisageable pour le moment. Des mesures spécifiques ont été prises pour protéger les enfants et prévenir le trafic :

L’enregistrement de tous les enfants isolés : quoi que les autorités soient préoccupées par les enfants immigrés illégaux
Fournir des soins et un hébergement temporaire aux enfants isolés
Identifier les enfants ayant une famille, même éloignée (les parents devront fournir des documents prouvant leur lien avec l’enfant
Des volontaires ont été déployés à Ranong et à Phuket pour conduire une opération de surveillance locale

Malaisie
L’UNICEF en Malaisie est en contact permanent avec le bureau UNICEF en Indonésie, la Police Royale Malaise et le Département malais des affaires sociales.
L’UNICEF Malaisie va travailler en étroite collaboration avec le Ministère de l’Intérieur malais, et demandera au gouvernement de renforcer les dispositifs de contrôle aux services de l’immigration pour empêcher que des enfants victimes des tsunamis ne soient transportés illégalement en Malaisie.
La Malaisie a interdit les adoptions en raison des craintes de trafic d’enfants à Aceh.

L’UNICEF a lancé un appel international de 144 millions de dollars pour financer ses actions sur le terrain. A ce jour, l’UNICEF a reçu 50 millions de dollars. 48 millions ont déjà été alloués à l’aide immédiate.