2012

Parlementaires, Ministère des Affaires de la Femme et de la Famille et l’UNICEF débattent des droits de l’enfant

Tunis, 09 octobre 2012, Le Ministère des Affaires de la Femme et de la Famille a organisé le mardi 9 octobre un déjeuner débat. La rencontre à laquelle ont été conviés des membres des différentes commissions de l‘Assemblée nationale constituante (ANC) et des représentants de l’UNICEF a eu lieu au Centre Intégré de la Jeunesse et de l’Enfance du Bardo. 

Articulée autour d’échanges sur les dispositions que la nouvelle constitution devrait intégrer pour garantir le respect et la protection des droits de l’enfant, la réunion visait à susciter une réflexion commune qui puisse aboutir à une proposition concrète et consensuelle pour la constitutionnalisation des droits de l’enfant. Une première version d’un article avait été déjà soumise à la Commission des droits et libertés fondamentales, mais n’a pas été validée en raison notamment de la longueur du texte proposé. 

Introduisant le débat, Mme Sihem Badi, Ministre des Affaires de la Femme et de la Famille, tout en soulignant l’importance du rôle que doit jouer la famille dans la protection de l’enfant, a reconnu les responsabilités de l’état en accord avec les obligations nationales et internationales relatives aux droits de l’enfant et que la Tunisie s’est engagée à respecter. 

« L’institution dans laquelle nous nous trouvons est une preuve tangible de cette responsabilité » a-t-elle souligné. « L’intégration des droits de l’enfant, la création d’un mécanisme indépendant de suivi de la mise en œuvre de ces droits et la désinstitutionalisation : trois dossiers prioritaires sur lesquels le Ministère travaille d’arrachepied en coopération avec l’UNICEF » a-t-elle ajouté. 

Concernant le troisième point, la Ministre a rappelé que 30 % des enfants placés dans des institutions ont pu déjà réintégrer leur milieu familial. 

Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF, a réaffirmé l’engagement de l’UNICEF, par le biais du plaidoyer et la mise à disposition de l’ANC d’une assistance technique de qualité, pour une avancée significative et reconnue des droits de l’enfant. Elle a rappelé dans ce cadre la tenue récemment d’une conférence internationale sur la création d’un mécanisme indépendant de suivi des droits de l’enfant, ce qui constitue une « première » dans le monde arabo-musulman et place la Tunisie en tête de file dans ce domaine. 

A la lumière de ces interventions et d’une brève présentation de la situation des enfants en Tunisie par la Déléguée générale à la protection de l’enfance, des questions-clés telles que les enfants de la rue, ceux nés hors-mariage, la protection des mères célibataires, l’éducation parentale, ont permis de mieux saisir la complexité des situations que vivent certains enfants et la nécessité de « mieux faire » pour renforcer les mesures déjà prises et optimiser le respect et la protection de leurs droits. 

Il convient à cet égard, a rappelé Pr. Sadok Belaid, de s’appuyer sur les quatre principes fondamentaux de la Convention internationale des droits de l’enfant à savoir : la survie et le développement sain et harmonieux de l’enfant, sa participation aux décisions qui le concernent, l’application de la non-discrimination à l’égard de tous les enfants et une considération primordiale à l’intérêt supérieur de l’enfant. Et pour améliorer tout ceci d’une manière tangible, la mise en place d’un mécanisme indépendant de surveillance et de suivi de l’application effective des droits de l’enfant est une exigence fondamentale. 

A la question sur la finalité de l’inscription dans la nouvelle constitution d’un mécanisme indépendant des droits de l’enfant, le Pr. Belaid a répondu que ceci était important : i) pour la symbolique que cela représente et qui témoigne d’une grande sollicitude envers les enfants, ii) pour donner une cohérence à toutes les mesures prises en leur faveur, iii) pour envoyer un signal fort à la jeunesse compte tenu de la situation qu’ils vivent actuellement et enfin iv) pour que ce mécanisme indépendant devienne une nouvelle norme dans l’action en faveur des enfants. 

Une proposition d’article reprenant les recommandations et suggestions des membres de l’ANC, notamment par rapport à la concision du texte, sera rédigée par le Pr. Belaid et remis à la Commission des droits et des libertés fondamentales dans les jours prochains