2005

L’UNICEF appelle à répondre aux besoins de 600 millions d’enfants du monde islamique New York , 21 septembre 2005

Un rapport de l’agence des Nations Unies pour l’enfance vient de souligner l’urgence de respecter les droits et de répondre aux besoins de plus de 600 millions d’enfants du monde islamique, dans les domaines de la pauvreté et de l’éducation, et salué les efforts déjà entrepris par les pays de l’Organisation de la Conférence islamique.

Les Etats membres de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) comptabilisent ensemble le quart des 2,3 milliards d’enfants de la planète – dans des nations couvrant l’Afrique, l’Asie et le Moyen Orient.

Le sort des enfants vivant dans les pays islamiques et la défense de leurs droits « détermineront donc en grande partie le succès ou l’échec des efforts entrepris pour combattre la pauvreté, accélérer le développement humain et promouvoir la paix et la sécurité au plan mondial », indique un communiqué de l’UNICEF

L’UNICEF présente un rapport intitulé « Investir en faveur des enfants du monde islamique », publié conjointement avec l’OCI et l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture (ISESCO).

« Les Etats membres de l’OCI et la communauté musulmane au sens large se doivent d’illustrer la vision réelle de l’Islam pour les questions touchant à l’enfance et montrer ce qu’est vraiment la solidarité islamique en travaillant ensemble au développement des politiques et programmes qui permettront d’améliorer la condition sociale de nos enfants », a déclaré le Secrétaire général de l’OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu.

« On constate de nets progrès et l’un des objectifs de ce rapport est de permettre à nos membres d’échanger les leçons apprises en partant d’exemples positifs. Il reste cependant beaucoup à faire dans le domaine de la santé maternelle et infantile, pour briser les tabous concernant le VIH/sida et pour protéger les enfants de toutes les formes de violence et d’exploitation, a déclaré pour sa part le docteur Abdulaziz Othman Altwaijri, Directeur de l’ISESCO.

Selon le rapport de l’UNICEF, l’OCI compte parmi ses Etats membres onze des seize pays ayant le taux de mortalité infantile le plus élevé au monde. Environ 4,3 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de maladies évitables et de malnutrition dans les pays de l’OCI, environ 60 % d’entre eux avant leur premier anniversaire.

Seuls quatorze des 57 Etats membres de l’OCI sont en passe d’atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement (OMD), concernant la mortalité infantile.

Ce sont les enfants vivant en Afrique subsaharienne islamique qui endurent les plus grandes privations. Dans cette région, le taux de mortalité infantile est deux fois plus élevé que la moyenne mondiale.
« Un enfant né dans un des Etats africains membres de l’OCI n’a qu’une espérance de vie de 46 ans, alors qu’elle est de 78 ans dans les pays industrialisés », indique l’UNICEF.

Dans beaucoup de pays de l’OCI, un taux de fécondité élevé et un accès insuffisant aux soins médicaux contribuent à l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde. En Afghanistan, une grossesse sur six a une issue fatale.

Dans les Etats africains membres de l’OCI, la moyenne est d’un décès pour quinze grossesses, indique le communiqué, alors qu’au plan mondial, la moyenne est d’un décès sur 74 grossesses.
Plus d’un tiers de tous les enfants vivant dans les Etats membres de l’OCI, à l’exception de la sous-région arabe, souffrent d’une malnutrition persistante. Les Etats membres de l’OCI connaissent le taux d’allaitement exclusif au sein le plus bas du monde.

Le VIH/SIDA a un effet dévastateur sur les Etats africains membres de l’OCI où le taux de prévalence parmi les adultes est de 5,4 % (7,9 millions de cas). Les taux de prévalence dans les Etats arabes et asiatiques membres de l’OCI sont relativement bas en comparaison : 0,3 et 0,1 % respectivement. Mais une épidémie de cas chez les usagers de drogues par voie intraveineuse et les travailleurs du sexe dans certains de ces pays représente un réel sujet d’inquiétude.

Enfin, s’agissant du domaine de l’éducation, la fréquentation scolaire au niveau primaire est de moins de 60 % dans 17 Etats membres de l’OCI. Plus de la moitié de la population adulte est analphabète dans certains de ces pays et la proportion peut atteindre 70 % chez les femmes.

Dans les Etats africains membres de l’OCI, 4 enfants sur 10 ne sont pas scolarisés. C’est aussi le cas de 25 % des enfants des Etats arabes membres de l’organisation. Seuls 26 des 57 Etats membres de l’OCI sont en passe d’atteindre les objectifs visant à l’égalité entre les sexes dans l’enseignement primaire en 2005, indique le rapport de l’UNICEF.