2005

1 décembre 2005 : Journée mondiale du SIDA

Pour ralentir la propagation continue de l’épidémie du SIDA dans le monde, les pays doivent renforcer les programmes de prévention et de prise en charge.

Tunis, 30 novembre 2005 – L’ONUSIDA et l’OMS viennent de publier récemment leur rapport 2005 sur la situation de l’épidémie du VIH/SIDA dans le monde. Le rapport montre que malgré le ralentissement de l’épidémie et la décroissance des taux d’infection dans certains pays, la tendance globale de la transmission du VIH est encore à la hausse. Le syndrome de l’immunodéficience acquise continue à être l’une des épidémies les plus dévastatrices de l’histoire de l’humanité. En 2005, elle a été responsable de 3.1 millions de décès dans le monde, dont plus d’un demi million d’enfants. Le nombre de nouvelles infections par le virus a été de 5 millions, ce qui porte le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde à 40,3 millions, nombre jamais atteint auparavant. Toujours selon le rapport, les augmentations les plus marquées sont survenues en Europe orientale et en Asie centrale (un accroissement de 25%) et en Asie de l’Est. Mais l’Afrique subsaharienne est toujours la région la plus touchée de la planète – avec 64% des nouvelles infections (plus de trois millions de personnes).

L’épidémie du VIH/SIDA continue aussi d’avancer au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le nombre de nouvelles infections par le virus est estimé à 67 000 en 2005. On évalue à environ 510 000 [230 000–1,4 million] le nombre de personnes vivant avec le VIH dans cette région. Toutefois, Il est à noter que la surveillance du VIH reste assez modeste dans cette région mais que de plus en plus de pays déploient des efforts à ce niveau, notamment en Afrique du Nord. Les données disponibles démontrent une tendance à la propagation de l’infection à VIH, notamment chez les jeunes. En Algérie, le nombre de nouvelles infections en 2004 a doublé en comparaison à 2003, alors que des prévalences de l’ordre de 9% ont été notées chez les professionnelles du sexe dans certaines régions du pays. Le programme national de lutte contre le SIDA en Jamahiriya Arabe Libyenne estime à 23 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH, pour la plupart des jeunes, le mode de contamination principal étant la consommation de drogues injectables. Dans d’autres pays, comme la Tunisie et la Jordanie, la situation est assez stable, ce qui constitue un contexte propice pour l’élargissement des programmes de prévention et l’amélioration de l’accès des jeunes et des personnes vulnérables à l’information et aux moyens de prévention.

Il est de plus en plus démontré à l’échelle globale, que des interventions larges, concertées et efficaces permettent de réduire la propagation de l’épidémie aussi bien dans la population générale que chez les consommateurs de drogues injectables, les professionnelles du sexe et les hommes qui ont des rapports sexuels avec des

hommes. Les résultats encourageants obtenus par certaines pays et régions tels que le Kenya, le Zimbabwe ou la région des Caraïbes, qui ont réussi à faire diminuer la prévalence du VIH au cours des dernières années, doivent inciter les autres pays à prendre de plus amples mesures pour élargir les programmes de prévention et ralentir la propagation de l’épidémie.

Pour maîtriser les épidémies de SIDA dans le monde, les pays doivent se fixer comme objectif de s’approcher le plus possible d’un accès universel à la prévention, au traitement, à la prise en charge et à l’atténuation de l’impact. Selon le rapport, l’accès aux traitements antirétroviraux s’est nettement amélioré, notamment dans les pays à faible et à moyen revenus, mais à un rythme qui ne permet pas encore de maîtriser l’épidémie. Il faudra surmonter les importants obstacles à l’accès que sont la stigmatisation, la discrimination, les inégalités entre les sexes, la marginalisation de certains groupes et les autres violations des droits humains. La stigmatisation liée au VIH et la discrimination réelle ou perçue qui en découle pourraient représenter les obstacles les plus importants à l’efficacité de la prévention du VIH.

Le Groupe Thématique ONUSIDA en Tunisie travaille, en étroite collaboration avec les partenaires nationaux, en particulier le programme national de lutte contre le SIDA, pour l’élargissement des programmes de prévention et de prise en charge. Par ailleurs, le PNUD appuie la société civile pour le renforcement des efforts de communication et d’information. Alors que l’UNICEF soutient les stratégies de réduction de la transmission mère-enfant et participe au développement d’une stratégie nationale d’accès au conseil et au dépistage volontaire, Cela dans le cadre de sa récente initiative «Unissons nous pour les enfants contre le SIDA» lancée le mois dernier.

Communiqué de presse